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Redorer la République, lutter contre l’abstentionnisme.

Posté par michaelbruel le 8 mai 2010

L’enjeu d’une démocratie réside dans l’expression de ces citoyens. Elle doit permettre que le plus grand nombre prenne part aux décisions et, s’appuyant sur ce postulat, s’organiser en ce sens. Les modalités de vote doivent pouvoir évoluer pour garantir le bon fonctionnement de cette démocratie, système délégataire par essence.

Redorer la République, lutter contre l’abstentionnisme.  abstentionisme

Dans le même temps, on ne peut s’interroger sur une évolution des modes de scrutin sans aborder la responsabilité et le rôle dans le système politique du représentant. Celui qui prend le risque de se soumettre aux votes en ressort avec un mandat, cette fonction n’est pas une profession. Elle n’a donc pas vocation à assurer une pérennité à son détenteur mais un espace de représentativité de la confiance déléguée par ses électeurs. Ces interrogations mènent aussi à se poser la question du représentant face à l’idée qu’il porte et finalement on revient à l’essence des partis qui ont pour objectif d’élaborer ces contenus idéologiques.

Revenons à l’origine du propos. Comment ramener aux urnes les abstentionnistes ?

Ainsi, on peut observer une dégradation de la participation dans notre pays quelque soit l’élection, sauf dans le cas de la Présidentielle. De l’une sur l’autre, chaque renouvellement d’échéance électorale perd en participation pour atteindre des records lorsqu’il s’agit des Européennes.

Il serait intéressant d’approfondir l’analyse de l’écart, sur une génération de votants qui n’a pas beaucoup évolué, en observant ainsi qu’il y a 43,32% d’abstentionnistes supplémentaires entre la Présidentielle de 2007 et les Européennes de 2009. De plus, en ayant une photographie claire de la pensée du corps électoral, nous simplifierions le débat politique élaguant toutes les questions autour de l’abstentionnisme en se recentrant sur le fond politique, soit sur quelle orientation bâtir notre société.

Dépassant toutes les hypothèses sur l’intérêt des scrutins pour en poser sur les modalités de ceux-ci, ainsi nous pourrions imaginer que ces dernières pourraient faire évoluer les mentalités électorales dans leur ensemble, du citoyen au responsable. Outre pour le scrutin européen dont la maîtrise n’est pas nationale, nous pourrions soulever certaines pistes de réflexion combinables :

      La participation est un enjeu en soi ; on pourrait établir un seuil au-delà duquel, le scrutin serait annulé et ainsi travailler sur une responsabilisation de l’électeur. Une élection a un coût d’engagement, sa réorganisation doit interroger le citoyen sur sa responsabilité et son choix paresseux de la dérobade.

      Le vote blanc n’est pas nul ; en dissociant les deux, une nouvelle offre politique émergera pour le votant potentiel. On pourrait établir aussi un taux au-delà duquel l’élection serait annulée et aller jusqu’au bout d’une démarche de remise en cause en proposant que pour le renouvellement du scrutin, les protagonistes soient obligatoirement changés.

      Le vote obligatoire ; à partir du moment où le choix et l’offre politique du scrutin permettent une décision neutralisée avec la dissociation des votes blancs et nuls, il n’y a plus de raison de se dérober. On pourrait étudier ainsi des modalités de sanction.

      Le déroulement du scrutin pourrait s’effectuer un jour de semaine en mettant en place de systèmes d’intéressements, pour les employeurs (allègement de charges sur une durée pour l’atteinte d’un taux de participations dans l’entreprise…), les établissements scolaires et universitaires (subvention particulière pour l’atteinte d’un taux de participations des étudiants…), etc.… On créerait ainsi de nouveaux acteurs de régulations et de responsabilisation.

En combinant ces pistes, nous passerions d’abord du droit au devoir de vote ce qui est déjà le cas pour bien des personnes qui vont aux urnes non par adhésion à un projet politique mais par devoir envers ceux qui se sont battus pour que l’on puisse s’y rendre. Par ailleurs, cette complexification du système proposerait à la fois des bonifications et des sanctions, les unes compensant les autres. De plus, nous n’observerions aucune remise en cause fondamentale de la liberté de choix des citoyens, ne les obligeant pas à se prononcer, mais nous pouvons imaginer qu’en agissant de la sorte, un certain nombre d’entre eux feront un choix autre que le celui du blanc. Les modifications de prise en compte des bulletins blancs sont donc essentielles pour garantir la Liberté tout en amenant le citoyen devant l’urne.

Enfin, en proposant une remise en cause des protagonistes de l’élection dans le cas d’une obligation de réorganisation du même scrutin, nous partagerions la responsabilité entre l’électeur, le représentant et les formations politiques. On peut ainsi penser que cela créera une certaine émulation dans les partis et leurs modes de désignation, tout en renforçant soit  leur impact soit celui de la nécessaire organisation de l’élaboration du contenu au travers des concepts politiques. Cela pourrait permettre de renforcer le débat d’idées, les clivages au-delà des positionismes, à l’encontre des débats de personne.

L’idée ne réside pas dans la remise en cause des élus et de leur accomplissement de la fonction pour laquelle il demeure nécessaire d’aborder sérieusement  la question du statut. L’idée est de donner au citoyen les moyens de mieux maitriser son environnement politique et peut-être ainsi développer son intérêt pour la chose publique. Sauf qu’en renforçant cette implication citoyenne, d’une certaine manière, on accentue la prise de risque politique de l’acte de candidature.

Il n’y a pas de construction d’une société harmonieuse sans considération de l’ensemble de ceux qui la compose. Le rôle de la démocratie réside dans l’organisation de ce postulat comme un enjeu politique majeur. Alors, même si nous ne pouvons parfaire à l’infini notre République, il convient de construire les outils qui l’améliorent. En considérant la contestation et le désintérêt, on accompagne la construction et la reconnaissance de contre pouvoirs qui participent en permanence à la construction de notre société. On peut aussi imaginer que cela puisse offrir des issues de contestations moins destructrices que la validation de thèses fascisantes.

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